mercredi 24 mai 2017

Comment on devrait enseigner l'économie

En se concentrant sur l’enseignement supérieur, les débats récents sur l’enseignement de l’économie ont laissé de côté un problème autrement plus grave. L’économie nous concerne tous, et devrait donc être enseignée comme une composante essentielle de la culture de tout citoyen, et non comme une spécialité réservée aux quelques-uns qui choisissent cette option à l’Université. Remettre à l’endroit l’apprentissage de l’économie devrait consister d’abord à revoir la place de la discipline économique dans l’ensemble du dispositif éducatif, et à donner à tous les futurs citoyens sans exception une culture économique de base, impérativement dispensée dans le cadre de l’enseignement obligatoire, c’est à dire dans le primaire et le secondaire, où l’économie devrait être une matière commune à toutes les options.


article complet

A quoi servent les économistes ?

L’homme de la rue, les journalistes économiques et les épistémologues s’interrogent de façon récurrente sur la nature de la discipline économique et sur le rôle des économistes : l’économie est-elle vraiment une science ? à quoi servent les économistes ? Plutôt que d’aborder ces questions à partir d’une réflexion philosophique sur la nature de la science, commençons par regarder d’autres disciplines réputées scientifiques de façon incontestable, et que la pratique dominante de la discipline économique a pris comme modèle depuis un siècle.

Le chercheur, l’ingénieur, le constructeur

Dans les disciplines physiques, il existe des rôles séparés et clairement définis. On y distingue les sciences des techniques, les théoriciens des techniciens. Ce n’est pas le physicien qui construit les ponts, et quand un pont s’écroule, on n’accuse pas Newton. Les rôles de chercheur, d’ingénieur et de constructeur sont séparés. Le rôle du chercheur est de découvrir et de formuler les lois de la nature ; celui de l’ingénieur de dresser des plans d’ouvrages destinés à résoudre des problèmes concrets dans des conditions particulières ; celui du constructeur est de réaliser concrètement ces ouvrages.

Article complet

lundi 22 mai 2017

Qu'est-ce que le libéralisme ?

Le premier article que j'exhume. Il est à la fois intemporel et lié à l'actualité, puisqu'il semble redevenir acceptable de se dire libéral.  

Voici le début :
La véritable doctrine libérale est une grande méconnue, au point que l’adjectif « libéral » est devenu une insulte dans la vulgate politique française. Le présent article a pour but d’en rappeler les fondements, tels qu’ils ont été établis et enseignés par les grands auteurs, et de dissiper les erreurs les plus courantes, par exemple :
  • croire qu’il est possible de dissocier, voire d’opposer, un libéralisme philosophique et un libéralisme économique ;
  • croire que le libéralisme trouve sa seule justification (ou sa condamnation) dans ses effets économiques ;
  • croire que le libéralisme est lié à la théorie néoclassique de l’équilibre général, et en particulier aux mythes de l’homo economicus et de la concurrence « pure et parfaite » ;
  • croire que le libéralisme ignore les liens sociaux ou en prône l’effacement ;
  • croire que le libéralisme s’oppose à toute forme d’action collective.

    L'article complet est ici :

dimanche 21 mai 2017

Retour ...

SFR a fermé son service d'hébergement de sites, et donc le site où j'avais réuni mes articles.

Je vais donc progressivement ajouter à ce blog ceux de mes articles, même anciens, qui ont conservé une certaine actualité, en les ajustant au besoin. Et aussi supprimer des articles périmés ou des références qui ont disparu.



samedi 20 mai 2017

Un réalisme réaliste



Toujours dans Rationalité Limitée, Antoine Belgodere répond à mon commentaire sur un passage d’un livre de Daron Acemoglu cité par Cyril Hédoin à propos du réalisme des modèles économiques, en me renvoyant à propos de mon dernier livre les critiques d’ailleurs assez mineures que m’inspire la thèse d’Acemoglu. Étant donné la longueur de ma réponse, je la publie ici.

Dans mon B.A. BA, j’aurais pu adopter le style des économistes : au lieu de parler d’une brouette de choux, j’aurais pu écrire « un certain nombre d’exemplaires d’un bien A », et au lieu d’un panier de saucisses, « un certain nombre d’exemplaires d’un bien B ». Mais à mon avis ça aurait dérouté le lecteur auquel je m’adresse, qui est l’homme de la rue armé de sa seule expérience et sans aucune culture économique livresque, et ça l’aurait peut-être dissuadé de lire la suite, ce qui vous en conviendrez aurait été dommage....

vendredi 12 avril 2013

Un sommet d'incohérence



Le dernier livre d’André Orléan, L’empire de la valeur, a été largement salué et a obtenu en janvier 2012 le prix Paul Ricœur. Sa thèse, annoncée en quatrième de couverture, est que la théorie économique est impuissante à expliquer le monde contemporain et doit être refondée à partir d’un nouveau concept de la valeur.
J’adhère à ces deux affirmations, notamment au programme énoncé dans le sous-titre « refonder l’économie », une entreprise dont j’ai moi-même plusieurs fois affirmé la nécessité et l’urgence devant l’hégémonie et la stérilité de l’orthodoxie issue du néoclassicisme. Mais ce sous-titre soulève d’emblée la question : quelle « économie » s’agit-il de refonder, la réalité de la vie économique ou la discipline qui l’étudie ?

vendredi 31 août 2012

Quatre scénes de la vie courante

Sur son excellent blog, Serenis Cornelius invite à "penser l'exemple" à propos des externalités. Excellente approche pédagogique, que j'utilise dans mon BA BA d'économie. Mais, outre les points que relève Serenis à la fin de son article, ses quatre scènes ont autre chose en commun de beaucoup plus important, qu'il mentionne sans l’exploiter : jamais elles ne se sont produites nulle part (sauf dans une certaine mesure la quatrième, j’y reviendrai). Ce ne sont pas des faits observés, mais des scénarios de fantaisie purement imaginaires spécialement conçus pour aboutir aux conclusions qu’on cherche à l’avance à démontrer. A ce compte, on pourrait montrer qu'il est possible de voler en battant des bras en partant de l'exemple commençant par "Marcel Léger était moins lourd que l'air..." 
J'ai donc repris les quatre histoires de Serenis en les rendant plus conformes à la réalité observable.